L’AFFICHE
C’est donc reparti pour cette nouvelle saison 2009/2010 à Timizzolu ! Pour cette première journée de Ligue 2, les ajacciens reçoivent ce soir l’En Avant Guingamp. Bien que le club soit confronté à l’absence du président Alain Orsoni, incarcéré depuis le mois de juin dernier, les acéistes font bloc et gardent la tête froide. Les matches de l’intersaison l’ont prouvé : victoire du challenge Michel Moretti, bonne prestation malgré la défaite face à l’OM (1-0), et surtout la qualification obtenue la semaine dernière lors du premier tour de la Coupe de la Ligue face à Laval (2-1).
Ce soir l’objectif est simple pour les deux équipes : prendre le meilleur départ possible dans ce championnat. Du côté Guingampais, le spectre des mauvaises entames de championnat plane sur les joueurs de la Cote d’Armor depuis quatre ans. Pour les protégés de Victor Zvunka, seul un bon départ permettra rapidement de répondre aux objectifs sportifs fixés par le président Noël Le Graët cette saison, à savoir, « jouer un rôle dans les six premiers ».
Pour les rouges et blanc, les ambitions sont plus modestes : « le but est de se mettre rapidement à l’abri afin d’éviter de revivre une saison aussi pénible que celle de l’an dernier » affirme le coach Olivier Pantaloni. L’ACA doit donc frapper un grand coup dès ce soir en s’imposant à domicile pour cette première journée de championnat.
Hommage à Antoine Federicci
L’empreinte d’un géant
Des années 40 où les acéistes évoluaient dans le championnat amateur, en passant par les premières saisons du club en D1 à la fin des années 60, jusqu’à la fantastique épopée des rouges et blanc sous la houlette de Michel Moretti… Celui qu’on surnommait affectueusement « U Pichjatu » aura tout connu avec l’ACA. A travers ces innombrables souvenirs, Antoine Federicci aura marqué de son empreinte l’histoire du club ajaccien.
C’est à l’âge de 16 ans que ce fils de pêcheur au regard bleu azur signe sa première licence au « Bistrot » (FCA). Après un passage par l’Olympique de Marseille, Antoine Federicci rejoint les rangs de l’ACA à 18 ans. A la fin des années 30, commencent alors à s’écrire les premières pages d’une longue histoire qui allait lier l’emblématique portier au club acéiste durant plus de 70 ans. Au fil des époques traversées, Antoine Federicci aura joué tour à tour différents rôles au sein du club ajaccien.
Tout d’abord comme gardien de buts, poste qu’il occupera avec brio jusqu’à l’âge de 38 ans. Aux côtés de joueurs comme : Mancini, Ottavy, Marcaggi, Marcialis, et les frères Gentili, Antoine Federicci obtiendra à quatre reprises le titre de champion de Corse. En 1955, au terme d’une saison mythique, il fera partie de l’équipe acéiste ayant réalisé le doublé coupe-championnat de Corse.
Après avoir gardé les buts rouges et blanc pendant 25 ans, « U Pichjatu » devient directeur sportif de l’ACA lors des années glorieuses de 1965 à 1973. Durant cette période, les « ours » évoluent dans le milieu du professionnalisme, en goûtant notamment aux joies de la D1 de 1967 à 1973. Les joueurs de l’époque s’appellent alors : Vannucci, Thétard, Sansonetti, Marcialis… Antoine Federicci sera à l’origine de la venue de grands noms du football à François Coty : Marius Trésor, Dominique Baratelli, François M’Pelé, Papa Barrov, Claude Leroy, Alabaladejo, et bien d’autres encore….
Après la traversée du désert de l’ACA de 1975 à 1992, Antoine Federicci n’hésitera pas à donner un sacré coup de main à la nouvelle équipe dirigeante emmenée par Michel Moretti. En faisant jouer ses relations, il parvient à créer un partenariat entre l’ACA et l’AS Monaco, et ce par le biais d’un homme, le président du club monégasque, Jean-Louis Campora, son ami de toujours. Forts de ce soutien, les acéistes voient débarquer à Timizzolu, des joueurs qui contribueront activement à la fantastique épopée ajaccienne à la fin des années 90. Parmi eux, comment ne pas citer l’inoubliable attaquant croate Dado Prso qui deviendra rapidement la terreur des surfaces.
Fidèle supporter du club, il ne manquait aucun match des rouges et blanc, et lorsqu’en 2002 les hommes de Rolland Courbis retrouve la L1 trente ans après l’avoir quittée, c’est non sans émotion qu’Antoine Federicci observe les joueurs ajacciens évoluer de nouveau parmi l’élite du football français.
Aimé et respecté de tous, « U Pichjatu » était une figure ajaccienne, l’hôtel-restaurant « Dolce Vita » qui l’avait construit sur la route des sanguinaires était à son image, un exemple de savoir-faire mêlant l’art de la réception avec un esprit de partage et de convivialité.
Connu jusqu’au plus haut niveau des instances du football hexagonal, il occupait encore à ce jour le poste de vice-président d’honneur de la Ligue Professionnelle de Football. Un signe de reconnaissance qui résume la passion et l’engagement d’Antoine Federicci dans le milieu du football. Avec l’ACA, il laissera à jamais une trace, celle de l’empreinte d’un géant…
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